Bilan, forces et défis à venir : Les chiffres clés qui montrent que le Sénégal peut aller loin…
Trois matchs, une qualification pour les 16es de finale et des enseignements à retenir. Malgré deux défaites face à la France (3-1) et à la Norvège (3-2), les Lions de la Teranga ont parfaitement réagi en écrasant l’Irak (5-0) pour décrocher leur billet pour la phase à élimination directe.
Au-delà des résultats, les statistiques dressent le portrait d’une équipe capable de faire très mal offensivement, mais qui devra encore gagner en solidité défensive avant son rendez-vous face à la Belgique.
Les résultats
* France 3-1 Sénégal
* Norvège 3-2 Sénégal
* Sénégal 5-0 Irak
Bilan : 1 victoire, 2 défaites
Si les deux premières sorties se sont soldées par des revers, elles ont également montré que le Sénégal était capable de rivaliser avec des équipes de très haut niveau. La démonstration contre l’Irak est ensuite venue confirmer le potentiel offensif de cette sélection.
Une attaque qui fait partie des meilleures du tournoi
Avec 8 buts inscrits, le Sénégal possède la quatrième meilleure attaque de la Coupe du monde après les trois journées de la phase de groupes. Seuls l’Allemagne, la France et les Pays-Bas affichent un meilleur total.
Cette efficacité offensive se traduit également par 8 passes décisives, preuve que les Lions privilégient le jeu collectif plutôt que les exploits individuels.
Le secteur offensif s’est montré particulièrement entreprenant. En trois rencontres, les Sénégalais ont tenté 49 tirs, soit plus de 16 frappes par match.
Dans le détail :
* 17 tirs cadrés (34,7 % de précision)
* 21 tirs non cadrés
* le reste des tentatives ayant été contré par les défenses adverses.
Autre statistique révélatrice de cette domination offensive : les Lions ont obtenu 20 corners en seulement trois matchs, signe qu’ils ont régulièrement installé leurs adversaires dans leurs trente derniers mètres.
Cette production offensive est d’autant plus encourageante qu’elle s’est répartie entre plusieurs joueurs, rendant l’attaque sénégalaise moins prévisible.
Une qualité technique qui se confirme
Longtemps considérée comme une équipe vivant essentiellement de sa puissance physique et de ses transitions rapides, la sélection sénégalaise confirme son évolution. Avec 1 610 passes réussies, elle occupe la 17e place du classement général de la compétition. Au sein des sélections africaines, seuls l’Algérie et le Maroc présentent un meilleur total.
Cette statistique traduit la volonté de Pape Thiaw d’installer une équipe capable de construire ses actions, de monopoliser le ballon par séquences et de varier les circuits de relance.
Une défense qui devra encore progresser
C’est probablement le principal axe de progression avant les matchs à élimination directe. Les Lions ont encaissé 6 buts en trois rencontres, soit une moyenne de 2 buts par match.
Les trois buts concédés face à la France puis les trois autres contre la Norvège ont coûté cher au classement. En revanche, le clean sheet obtenu contre l’Irak montre que certains ajustements ont porté leurs fruits.
Le pressing sénégalais reste néanmoins l’un des points forts de cette équipe. Les Lions ont forcé 113 pertes de balle adverses, une statistique qui illustre leur agressivité à la récupération et leur capacité à gêner les relances.
Sur le plan disciplinaire, le Sénégal figure parmi les équipes les plus propres du tournoi.
* 24 fautes commises
* 28 fautes subies
* seulement 2 cartons jaunes
Cette maîtrise sera précieuse lors des matchs couperets où chaque suspension peut coûter très cher.
Mendy et Mory Diaw ont répondu présents
Malgré les six buts encaissés, les gardiens sénégalais ont souvent évité un bilan plus lourd. Entre Édouard Mendy lors des deux premières rencontres et Mory Diaw face à l’Irak, les Lions totalisent 9 arrêts. Leur contribution a été essentielle, notamment lors des temps faibles contre la France et la Norvège.
Une marge de progression sur le plan physique
Sur les courses à haute intensité, le Sénégal comptabilise 3 738 efforts, ce qui le place au 38e rang du tournoi. Cette donnée montre qu’il existe encore une marge de progression dans la répétition des efforts, un aspect qui peut faire la différence lors des matchs à élimination directe où l’intensité augmente considérablement.
Les choix de Pape Thiaw
L’une des principales leçons de cette phase de groupes concerne également la gestion de l’effectif. Pour les deux premières journées, Pape Thiaw avait reconduit exactement le même onze :
Édouard Mendy – Krépin Diatta – Kalidou Koulibaly – Moussa Niakhaté – Diouf – Idrissa Gana Gueye – Lamine Camara – Pape Gueye – Ismaïla Sarr – Sadio Mané – Nicolas Jackson.
Face à l’Irak, le sélectionneur a procédé à plusieurs changements. La blessure d’Édouard Mendy a permis à Mory Diaw de débuter dans les buts. En défense, Abdoulaye Seck a remplacé Kalidou Koulibaly tandis qu’Ismail Jakobs a été titularisé sur le côté gauche.
Au milieu, Habib Diarra a pris la place de Pape Gueye. Enfin, Ibrahim Mbaye a été préféré à Nicolas Jackson en attaque.
Ces ajustements se sont révélés payants puisque le Sénégal a livré sa prestation la plus aboutie de la compétition avec une victoire éclatante 5-0.
Ce qu’il faut retenir
Le Sénégal aborde désormais les seizièmes de finale avec plusieurs certitudes. Son potentiel offensif est confirmé par une place parmi les quatre meilleures attaques du tournoi. Son animation collective continue de progresser, comme le montrent ses statistiques de passes et de création d’occasions. Sa discipline constitue également un véritable atout.
En revanche, la solidité défensive devra encore être renforcée face à des adversaires de très haut niveau. Les six buts encaissés lors des deux premières journées rappellent que la moindre erreur peut coûter très cher.
Les Lions possèdent néanmoins les armes pour continuer leur aventure. Leur réaction face à l’Irak a montré un groupe capable de se remettre en question, de répondre présent sous pression et d’aborder la phase à élimination directe avec une confiance retrouvée.
Le rendez-vous face à la Belgique permettra désormais de mesurer si cette montée en puissance peut se confirmer lorsque la compétition entre dans sa phase la plus exigeante.
Khadim DIAKHATÉ






