FSF : Amadou Kane reconnaît des failles et réclame une évaluation exhaustive
L’élimination du Sénégal en seizièmes de finale de la Coupe du monde face à la Belgique a ouvert une véritable boîte de Pandore au sein de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Invité du Grand Jury, Amadou Kane, quatrième vice-président de l’instance et président de l’ONCAV, a pointé du doigt plusieurs dysfonctionnements, allant de la gestion du contrat du sélectionneur aux insuffisances logistiques ayant entouré la délégation sénégalaise.
Le contrat de Pape Thiaw : un « blocage » et une intervention de l’État
L’un des dossiers les plus sensibles concerne le renouvellement du contrat du sélectionneur Pape Thiaw. Amadou Kane a confirmé qu’un désaccord sur la rémunération avait retardé les négociations jusqu’au jour du départ de l’équipe pour les États-Unis. Selon les informations relayées, le technicien aurait même menacé de ne pas effectuer le voyage tant que son contrat ne serait pas signé. « Il y a eu un blocage dans les discussions par rapport à la rémunération. La Fédération a proposé quelque chose, l’entraîneur a proposé autre chose. Les gens ne se sont pas entendus. Ça a traîné », a-t-il expliqué.
Plus surprenant encore, malgré son statut de vice-président de la FSF, Amadou Kane a reconnu ne pas savoir avec certitude si le contrat avait finalement été signé, qualifiant cette situation d’« inadmissible ».
Une gestion fédérale sous le feu des critiques
Au-delà du cas Pape Thiaw, Amadou Kane reconnaît l’existence de nombreuses « failles » dans le fonctionnement de la Fédération. Il a notamment évoqué plusieurs dysfonctionnements logistiques et regretté que le Comité exécutif (COMEX) n’ait pas été suffisamment informé sur plusieurs aspects de l’organisation, y compris sur la composition exacte de la délégation.
Il a également admis que des difficultés avaient été rencontrées lors du retour de la délégation. S’agissant des accusations de gaspillage financier et de la présence supposée de personnes non officielles, il a rappelé que la délégation officielle est strictement encadrée et que toute dépense injustifiée devra être éclaircie lors de l’évaluation. « Tous ceux qui sont là-bas feront leurs rapports et on saura exactement ce qui s’est passé », a-t-il assuré.
Une évaluation « de fond en comble »
Face à ce qu’il qualifie de « faute partagée » au sein de la Fédération, Amadou Kane plaide pour une évaluation approfondie, aussi bien sur les plans technique, financier qu’organisationnel. Il refuse toutefois, à ce stade, de se prononcer sur un éventuel limogeage de Pape Thiaw ou sur une démission des dirigeants de la FSF, estimant qu’il faut attendre les conclusions des rapports officiels. « Nous ne détenons pas le monopole de la vérité », a-t-il reconnu, rappelant que la Fédération devra rendre des comptes au peuple sénégalais ainsi qu’à l’État, principal bailleur de l’équipe nationale.
Cette évaluation, qu’il souhaite menée « de fond en comble », devra permettre de situer les responsabilités de chacun, du président de la Fédération jusqu’au secrétaire général.
D.V.





