Franck Lebœuf : « Nicolas Jackson est un être humain. Ce n’est pas un objet »
À moins de 24 heures de la clôture du mercato, Frank Lebœuf ne mâche pas ses mots. Critique acerbe envers son ancien club Chelsea, l’ex-défenseur français s’insurge contre le traitement « irrespectueux » réservé à Nicolas Jackson, dont le prêt au Bayern Munich a été brutalement annulé.
« Nicolas Jackson est un être humain. Ce n’est pas un objet », tonne Lebœuf à ESPN. « Ce n’est pas un objet qu’on range dans un placard et qu’on ressort quand on en a besoin. Non, ça ne marche pas comme ça. » La sentence est claire, la colère palpable.
La bureaucratie semblait régler le transfert de l’attaquant sénégalais au Bayern… jusqu’au coup de théâtre. Samedi, Jackson débarque à Munich pour passer sa visite médicale. Mais, presque instantanément, Chelsea annule la transaction, invoquant la blessure de Liam Delap, une des deux recrues estivales qui ont relégué le Lion de 24 ans au second plan. Le club bavarois, d’accord avec le club et le joueur, avait obtenu un prêt à 15 millions d’euros, accompagnée d’une option d’achat à 65 millions.
« Respectez la décision que vous avez prise de vous en débarrasser et de le laisser jouer pour un autre club »
Lebœuf dénonce ainsi : « Tu n’en veux pas, tu penses qu’il n’est pas assez bon pour ton équipe, tu t’en débarrasses. Même en prêt, c’est parce que tu ne penses pas qu’il soit assez bon pour jouer pour toi. Alors, ne le rappelez pas si vous avez un blessé. Ce n’est pas juste. C’est, à mon avis, un manque total de respect. » Le ton est cinglant, la frustration palpable. « Vous l’avez choisi. Il n’était pas assez bon, c’est évident et nous sommes tous d’accord. Il doit partir. Mais respectez la décision que vous avez prise de vous en débarrasser et de le laisser jouer pour un autre club. »
Pour l’ancien Bleu, champion du monde 2018, l’affaire aurait pu se régler simplement. Enzo Maresca n’avait même pas besoin de rappeler Jackson ou de songer à signer un autre attaquant. « Continuez avec l’effectif que vous avez. Chelsea a suffisamment de joueurs pour gérer la situation. Alors, laissez Nicolas Jackson tranquille, s’il vous plaît. »
À moins de 24 heures de la clôture du mercato, tout reste possible
Interrogé sur sa réaction à la place de Jackson, Leboeuf, chauffé à blanc, conclut dans un éclat de colère lyrique : « Je deviendrais fou. J’appellerais le Conseil d’administration et je dirais : Vous vous moquez de moi ou quoi ? Tu ne me veux pas et maintenant tu veux que je joue pour toi parce que tu as un joueur blessé ? Il y a des mots qu’on ne peut pas dire à la télévision, mais j’ai les mots justes pour toi, parce que tu ne me respectes absolument pas. »
Dans la dernière ligne droite du mercato, la fin du feuilleton Jackson s’écrit dans l’urgence. L’attaquant de Chelsea devrait rester à Munich dimanche, alors que la direction londonienne, qui a acquis l’ailier argentin Alejandro Garnacho, envisage désormais un accord de dernière minute pour la star du Sporting Lisbonne Conrad Harder, avant la date limite de lundi (20h00). Et, le Bayern n’abandonne pas ses efforts pour convaincre…
Mohamed NDIAYE






