A LA UNE CAN 2025

Malick Diouf : « J’étais triste, je pensais au peuple, aux supporters, à ma famille » 

El Hadji Malick Diouf, héros ou coupable ? Après son penalty sur Brahim Diaz, le jeune piston gauche sénégalais sort du silence, sincère comme jamais : « J’étais triste parce que je pensais aux gens, au peuple sénégalais, aux supporters, à ma famille. » La tension était à son comble quand la VAR a pointé le penalty pour le Maroc, suite à cette légère faute sur l’ailier du Real Madrid. Ce coup dur, qui aurait pu coûter la CAN au Sénégal, a été digéré. Et, le joueur de West Ham ne baisse pas la tête.

Malick Diouf revient sur ce moment clé de la finale de la CAN 2025 : protestations, chaos dans les tribunes et cette tentative de Panenka qui a laissé tout le Maroc sur sa faim. Un but magnifique de Pape Gueye a scellé la victoire sénégalaise, offrant un soulagement immense à Diouf. « C’était tout simplement incroyable, déclare-t-il à Sky Sports. C’était un rêve. Pour moi, pour le peuple, pour mon pays, pour ma famille aussi, car ils attendaient ce moment [de gagner la CAN]. »

Ce n’est pas qu’un rêve, c’est l’aboutissement d’une véritable épopée. En 2022, alors qu’il n’avait que 17 ans, El Hadji Malick Diouf courait après le bus du défilé du sacre dans Dakar, déjà conscient qu’il voulait marquer l’histoire. Quatre ans plus tard, il est devenu une pièce maîtresse, un héros national, après cette victoire contre le pays hôte, le Maroc, dans un match haletant.

« À la 98e minute, on ne peut pas concéder un penalty… ce n’était pas facile. Mais, c’est le plan de Dieu »

Mais la route n’a pas été facile. Dans les derniers instants, alors que le Sénégal était en pole position pour décrocher la victoire, la justice arbitrale lui a infligé un double coup de théâtre : but refusé aux Lions pour une faute quasi inexistante et penalty pour le Maroc, pour une faute légère.

« Je ne sais pas comment ils étaient à ce moment-là. Tout le monde pleurait. À la 98e minute, on ne peut pas concéder un penalty. En tant que jeune joueur, ce n’était pas facile. Mais vous savez, c’est le plan de Dieu, personne ne peut le changer », souffle-t-il.

« En tant que jeune joueur, je ne ressens pas la pression. Je joue simplement mon football »

La scène de la VAR, la confusion, la sortie du terrain, le chaos dans les tribunes…tout cela a laissé le pays en suspens. Mais, sous l’impulsion de Sadio Mané, Malick Diouf et ses coéquipiers ont refusé de plier. Pour lui, ce n’était pas un match, c’était une épreuve.

« C’était un match à l’extérieur. C’était vraiment très difficile », dit Diouf, qui affirme avoir puisé sa force dans le leadership de ses aînés. « En tant que jeune joueur, je ne ressens pas la pression. Je joue simplement mon football, je donne tout. La victoire, c’était notre objectif. Et nous l’avons eue, nous sommes champions ! C’est le plus important. Je suis fier de moi et de mes coéquipiers. »

« Je veux transmettre cette énergie à (West Ham) »

De retour à Londres, la vie continue. Avec West Ham en difficulté, Malick Diouf veut faire la différence. La victoire du Sénégal lui donne un supplément d’âme : « Je suis heureux d’être de retour. En un jour, on a repris confiance. Je veux transmettre cette énergie à mes coéquipiers. » Et l’espoir renaît. Sourire aux lèvres, le jeune Sénégalais croit à la remontée : « Chaque match est une nouvelle chance. Le coach croit en nous. Il croit aux joueurs. J’ai confiance. J’ai confiance en moi. »

Champion d’Afrique à 21 ans, El Hadji Malick Diouf a tout pour devenir une star mondiale. Sa mission, dans l’immédiat ? Maintenir West Ham (actuel 18e) en Premier League. Rien de moins. « Je vais tout donner pour cette équipe, parce qu’elle ne mérite pas la défaite. Les supporters aussi. Ce qui me manque, je vais travailler dur pour le bien de l’équipe. » Le vrai défi londonien ne fait que commencer.

Mohamed NDIAYE

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