Mohamed Diamé : « J’ai perdu mon explosivité sous Aliou Cissé »
Ancien capitaine des Lions sous Alain Giresse, Mohamed Damé a disparu des radars depuis qu’il a quitté la Tanière de son propre gré en 2017, après 36 sélections. Aujourd’hui, le natif de Créteil revient sur les véritables raisons de son départ de l’équipe nationale du Sénégal. Non sans se prononcer sur la prochaine Coupe d’Afrique des Nations 2023, en Côte d’Ivoire où les Lions doivent défendre leur titre de champions d’Afrique.
Entretien.
Momo, ça fait un bon moment que les inconditionnels du football sénégalais n’ont pas de vos nouvelles. Que devenez-vous ?
Oui, il est vrai que je ne suis plus sur le devant de la scène depuis un moment. Mais je suis toujours en activité et j’évolue actuellement au Qatar dans l’équipe d’Al Sailiya SC. Je veux continuer à jouer tant que mes jambes me le permettent.
Pensez-vous que le championnat qatari est attrayant ?
Oui, pour moi, venir au Qatar a été une des meilleures décisions de ma carrière. Je suis tout simplement tombé amoureux de ce pays. Le championnat continue d’évoluer et des joueurs comme Coutinho, Verratti, Abdou Diallo, Draxler le font progresser. A distance, on peut ne pas comprendre grand-chose. Mais, le championnat qatari a un bon niveau même s’il est vrai que l’Arabie Saoudite a tapé fort et semble être la future destination privilégiée des joueurs.
Quel objectif vous êtes-vous fixé ?
Vous savez, avec mon expérience, je ne peux rien demander d’autre aujourd’hui. Mon objectif est de prendre le maximum de plaisir avant la fin de ma carrière. Parce que, je sais que le football va me manquer quand je vais arrêter. Donc, vraiment, je dois en profiter jusqu’au bout.
Vous êtes ancien capitaine des Lions du Sénégal. Que retenez-vous de votre passage dans la Tanière ?
Des souvenirs impérissables en commençant par mon premier match, ce Sénégal / Cameroun (Ndlr : Éliminatoires CAN 2012) avec cette victoire (1-0) en fin de match. Ce jour-là, le stade Leopold Sédar Senghor a explosé de joie après ce but de Demba Ba sur une passe de Issiar Dia. C’était incroyable en émotions, et j’en garde plein de bons souvenirs.
« CE N’ÉTAIT PAS DE LA FAUTE DU SÉLECTIONNEUR OU DE QUELQU’UN D’AUTRE »
Sous Alain Giresse vous êtes resté inamovible. Qu’est-ce qui a changé avec Aliou Cissé ?
Ce qui a changé, c’est mon rendement tout simplement. Après ma grosse blessure au genou (fracture de la rotule), je n’ai jamais retrouvé mon meilleur niveau. Franchement, sous Aliou Cissé, j’ai perdu mon explosivité et la puissance qui faisait de moi le joueur box to box que j’étais à West Ham. Ce n’était pas de la faute du sélectionneur ou de quelqu’un d’autre. J’étais juste victime d’une grosse blessure.
D’aucuns pensent qu’en sélection, vous n’avez jamais pu montrer vos capacités ?
Je le pense également. Mes performances en club étaient plus abouties que celles en sélection et, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas de réponse à cela. J’ai joué avec le cœur, c’est pour ça que je n’ai pas de regret et suis fier d’avoir pu défendre le maillot de notre sélection.
Comment avez-vous vécu le sacre du Sénégal à la CAN 2021 ?
Comme tout Sénégalais, c’était intense. J’étais en contact avec quelques joueurs. Dieu sait qu’on a galéré pour obtenir ce sacre. L’émotion en tant que supporter était énorme. Donc, celle des joueurs à ce moment-là devait être incroyable. J’espère qu’ils ont encore faim de ces émotions pour les ressentir à nouveau en Côte d’Ivoire.
Avec le recul, qu’est-ce qui a réellement motivé vote départ de la Tanière ?
Mon départ de la Tanière, n’est pas une décision que j’ai prise sur un coup de tête. Je vous ai parlé au début de mon rendement. J’ai essayé de retrouver mon meilleur niveau en faisant des extras, en bossant avec un préparateur physique tout ça. Mais rien n’a changé. Et en un moment donné, je ne voulais pas être appelé en sélection seulement à cause de mon statut. J’ai préféré laisser la place à des joueurs qui étaient plus performants que moi. J’ai vraiment voulu être honnête avec moi-même.
Cette équipe du Sénégal pourra-t-elle faire le doublé ?
On le souhaite. On a les capacités. Le groupe est sain, expérimenté et jeune à la fois. Il y a tout pour réussir.
« LE SÉNÉGAL ARRIVE AVEC LE STATUT DE CHAMPION D’AFRIQUE…DANS LA SITUATION D’UN JEUNE JOUEUR QUI SIGNE PRO »
Quelle est la différence entre cette équipe et celle de 2021 ?
L’ossature est la même. La différence est qu’elle arrive aujourd’hui avec le statut de championne d’Afrique. Donc, elle est dans la situation d’un jeune joueur qui signe comme pro. Maintenant, soit elle confirme son statut en bossant et en montrant qu’elle mérite d’être là où elle est actuellement ; soit elle se voit déjà arriver et le monde pro lui montrera que rien n’est acquis d’avance. Mais, comme je vous ai dit, je suis en contact avec la plupart des joueurs de l’équipe nationale et je vous confirme que le groupe est sain. Donc, j’ai confiance que les gars feront un bon tournoi en Côte d’Ivoire.
Pensez-vous déjà à votre reconversion ?
Oui, bien évidemment. Mais, je doute que vous entendiez parler de moi. Le devant de la scène est fini pour moi. Je vais profiter de la famille et de la vie.
Par Bacary CISSÉ








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