Sénégal : la mutation offensive
Les Lions ont sorti les crocs. Et cette fois, c’est pour mordre. Depuis cinq matchs, le Sénégal vit une véritable frénésie offensive : 16 buts plantés, du jeu, des sourires, et une confiance retrouvée. La série a démarré au City Ground, face à l’Angleterre de Thomas Tuchel surclassée 3-1. Rien que ça !
Quand il a pris les rênes de la sélection il y a un an, Pape Thiaw avait promis un football ambitieux : « Nous voulons imposer notre jeu, être dangereux à chaque possession. » Aujourd’hui, la promesse n’est plus une phrase en conférence de presse, c’est une réalité sur le terrain. Son équipe claque, régale et fait lever les tribunes. Le piètre 0-0 de Tripoli au mois de mars dernier ? Oublié, rangé dans le musée des matchs soporifiques.
Fini le jeu timide, place à la prise d’initiative. Après une vingtaine de minutes de réglage, les Lions passent la deuxième et écrasent tout sur leur passage. Face au Soudan du Sud (5-0) ou à la Mauritanie (4-0), ils ont asphyxié l’adversaire dès la relance, pressé haut et multiplié les vagues offensives comme un rouleau compresseur. Les Léopards l’ont aussi appris à leur dépens. Après avoir mené 2-0 dans un stade des Martyrs en ébullition, ils ont été maitrisés par des Lions affamés et sans pitié.
Dans le 4-3-3 modulable de Thiaw, les couloirs sont devenus des autoroutes. Ismaïla Sarr et Nicolas Jackson s’y amusent, débordent, percutent, cassent les reins. Devant, Iliman Ndiaye s’improvise chef d’orchestre : il décroche, combine, glisse des passes qui font danser les défenses.
Résultat : un Sénégal plus vertical, plus imprévisible, et surtout plus joyeux. Oui, joyeux. Parce qu’on sent à nouveau du plaisir à jouer, à combiner, à célébrer ensemble. Le danger ne vient plus seulement de Mané, il vient de partout. Et quand ça démarre, ça ne s’arrête plus.
Les Lions rugissent, attaquent et se régalent. Tant que la machine tourne comme ça, on signe pour un an de prolongations.
D.V.







